samedi 6 novembre 2010

Fondue à la Gitana



C’est une recette ultra-simple, savoureuse et conviviale, qui s’apparente bien évidemment aux fondues de viande traditionnelles, avec un petit plus bien particulier qui nous fait aimer ce plat d’amitié. Pour 6 personnes il te faudra : 500 grammes de boeuf dans le filet, bien fondant, que tu commandes à ton boucher et fait couper en jolis cubes, un petit poulet fermier, une livre de petits gris que tu auras fait jeuner 15 jours au moins puis blanchis, un quart de jolis cèpes, ou si tu n’as pas, des sanguins, un poivron vert, un poivron rouge, trois tomates mûres, un demi-zeste d’orange, trois ou quatre piments verts, deux carrés de chocolat extra-noir à 70% au moins, une belle poignée de romarin frais, thym, laurier, un clou de girofle, une cuillère à café de curry fort, une demie-tête d’ail, deux verres de vin rouge tanique, un verre de xéres, huile d’olive, sel et poivre. Pour les sauces : moutarde, huile d’olive, oeufs, deux patates bouillies, ail, anchois au sel, curry, safran, miel, coriandre, basilic si saison, persil plat, quelques grains de raisin muscat noir frais, harissa. En ustensiles, un faitout, une passoire, un mortier, un caquelon à fondue bourguignone et ses piques.

Commence à émincer tes poivrons en filets, coupe tes tomates en petits quartiers, épluche tes aulx. Nettoie tes champignons à l’eau claire, coupe les en gros morceaux et réserve. Découpe ton poulet en réservant d’un côté tes filets et les blancs des cuisses que tu coupes en cubes. Conserve les ailes qui te serviront pour un autre plat. Dans un faitout, fais colorer ta carcasse de poulet dans de l’huile d’olive à feu fort. Mouille avec ton xéres, sale et poivre. Puis rajoute tes poivrons en filets, ton ail en gousses épluchées, tes tomates en morceaux et fais bien revenir le tout. Mouille avec tes deux verres de vin fort et incorpore ton demi-zeste d’orange, ta cuillère de curry et tes piments coupés en morceaux. Mets à feu doux. Râpe dans la préparation tes deux carrés de chocolat noir. Touille. Rajoute enfin deux litres et demi d’eau, ton romarin, thym, laurier, clou de girofle, et fais porter à ébullition. Une fois à ébullition fais cuire le tout 25 minutes à feu moyen en couvrant aux deux tiers.

Pendant ce temps, prépare au mortier tes sauces : anchoïade, aïoli gitan, sauce moutarde et miel, sauce aux herbes. Pour l’aïoli, procède de manière classique : écrase au fond du mortier ton ail avec une demi-patate bouillie et un jaune d’oeuf. Fais monter le tout à l’huile d’olive, sale et poivre, puis incorpore une demi-cuillère d’harissa et ton safran. Réserve au frigo.
Pour l’anchoïade : écrase dans le mortier un demi-pot de filets d’anchois que tu auras nettoyés et lavés et deux belles gousses d’ail, un jaune d’oeuf, une demie-patate bouillie puis monte à l’huile d’olive, ajoute sel et poivre puis une demi-cuillère d’harissa. Réserve au frigo.
Pour la sauce aux herbes : dans le mortier, écrase tes herbes (coriandre, persil plat et basilic) avec un jaune d’oeuf, une gousse d’ail et avec le raisin. Sale et poivre puis monte doucement à l’huile d’olive. Réserve.
Pour la sauce moutarde miel : dans le mortier, écrase une gousse d’ail, une demie-patate bouillie, puis mélange au pilon deux cuillères à soupe de moutarde forte, une cuillère à soupe de miel, une cuillère à café de curry. Sale et poivre. Monte doucement à l’huile d’olive. Réserve.

Reviens vers ton bouillon. arrête le feu et passe-le. Réserve-le dans ton caquelon. Prépare ensuite ta présentation : une assiette pour chaque viande, boeuf et poulet en cubes, une assiette pour les escargots (en coquilles mais tu auras ôté la porte), pareil pour les champignons en morceaux. Puis dispose tes ramequins de sauces.

Allume le caquelon et dans le bouillon brûlant, chacun de tes invités fera cuire ses ingrédients. Régalez-vous.

Arrose toute cette magie d’un bon vin corsé de Catalogne ou du Rioja.

Gatonegro

jeudi 28 octobre 2010

Macaronade du diable


C’est une vraie recette du diable, goûtue à souhait, qui se prépare vite fait sur un feu de bois, ou sur ta vieille gazinière. Les macaronis sont de bonnes pâtes que tu utilises déjà en gratins et autres recettes goûteuses. En voici une préparation sauvage, vraiment diabolique, qui ravivera tes papilles et comblera tes amis. Tout d’abord procure-toi de bons gros macaronis, qui tiennent bien la cuisson : les meilleurs sont fabriqués par une célèbre marque italienne que tu connais sans doute. Ensuite, prévois pour ta recette et pour 5/6 personnes :

650 grs de gros macaronis donc, deux trois tomates bien mûres, une tranche de potiron, un tiers de filets d’anchois au sel, vin blanc, une petite poignée de pignons, romarin, sauge, thym, une demie-tête d’ail, trois ou quatre beaux piments verts, deux beaux poivrons rouges, un quart de coques, huile d’olive et du gros sel de mer. En ustensiles, il te faudra une grosse casserole pour bouillir tes pâtes, une moyenne pour ta courge, une grande poelle style paella…

Commence par faire cuire al dente tes pâtes. Sors-les et réserve-les. Pendant ce temps, tu auras mis à blanchir ton potiron, que tu auras coupé en dés et que tu retireras de l’eau bouillante dès qu’il est presque à coeur, mais encore un peu dur. Entre temps, tu auras nettoyé et lavé à l’eau froide tes filets d’anchois, épluché tes gousses d’ail (en retirant le germe), et préparé tes poivrons rouges au feu, ou au four si t’es privé(e) d’extérieur (quel dommage !).

Prends ta paella et verse deux trois bonnes cuillères d’huile que tu fais chauffer à feu moyen. Jettes-y tes piments verts coupés en morceaux, tes tomates également tronçonnées, tes cubes de potiron, ton ail en demi-gousses, sale au gros sel. Attends que ta tomate et les piments cuisent. Alors ajoute tes macaronis égouttés et sur feu fort, fais les griller un peu. Dès qu’ils grésillent, ajoute trois verres de blanc, ton thym, ton romarin (deux beaux brins de chaque), un brin de sauge fraîche, et couvre. Laisse mijoter à feu doux.

Pendant ce temps, épluche tes poivrons rouges et détaille-les en filets que tu réserves dans une assiette. Reviens sur ta poelle et rajoute tes coques jusqu’à ce qu’elles ouvrent. Rectifie l’assaisonnement. Puis hors du feu jette tes pignons, tes filets d’anchois ciselés et tes poivrons en petits filets. Mélange et sers. Régale-toi.

Accompagne cette macaronade d’un bon vin catalan, genre un Collioures de deux trois ans d’âge.

Gatonegro

mardi 26 octobre 2010

Perdiz a la Gitana et sa grillade de poivrons rouges



Comme le dit souvent la vieille Alma, cuisinière hors-pair au demeurant, les Gitans aiment bien manger leurs symboles : escargots, hérissons, oiseaux (les Gitans adorent les oiseaux, en l’air, en cage, et dans les assiettes)… ces must de la cuisine gitane sont également les porte-drapeaux de tout un peuple libre comme l’air, autonome, et jaloux de sa tranquilité…

C’est donc la saison des perdrix, et à moins qu’on t’en ramène de Dieu sait où, on préfèrera choisir sur le marché des perdreaux, qui sont de jeunes perdrix bien plus tendres. Pour cette recette dérivée de la cuisine Andalouse, il te faudra, pour 4 personnes : 4 beaux perdreaux, du lard de bardage, un quart de tellines -les tellines, tu sais ce que c’est ? Ces toutes petites coquilles qu’on ramasse dans le sable très près du rivage en Andalousie, mais ici aussi vers Le Grau ou les Saintes- de la mie de pain, une demi-tête d’ail, deux verres de xéres, un bon verre et demi de blanc sec, une petite grappe de raisin noir, un citron, une poignée d’amandes effilées, une quinzaine de baies de genièvre, quelques brins de romarin, 3 ou 4 piments rouges, quelques brins de coriandre frais (ou persil si t’as pas), huile d’olive, gros sel, poivre du moulin. Pour les poivrons, choisis-toi 4 beaux poivrons rouges un peu mûrs : ils doivent être d’un beau rouge profond, la peau légèrement flétrie.

En ustensiles, une cocotte en terre pour les oiseaux, une bonne brassée de bois dans ton brasero ou ta cheminée, un torchon, deux petits saladiers, de la ficelle de cuisine.

Commence par vider tes oiseaux puis frotte-leur la peau au gros sel. Ne leur coupe pas la tête : le crâne est délicieux à croquer avec une gorgée de vieux marc. Dans un saladier, fais tremper dans l’eau de mer (ou à l’eau légèrement salée au pire) tes tellines de façon à ce qu’elles dégorgent leur sable. Pendant ce temps, prépare ta farce : dans un petit saladier, mélange la mie d’une demie-baguette avec le xérès et une demie-cuillère d’huile, une dizaine de baies de genièvre, ta coriandre ciselée, deux gousses d’ail hachées finement, deux trois grains de sel de mer, poivre au moulin puis fourre tes oiseaux. Barde-les et ficelle. Fais chauffer deux cuillères de bonne huile d’olive dans ta cocotte puis dispose tes oiseaux au fond de la cocotte, à feu vif. Fais dorer tourne-retourne cinq six minutes de chaque côté puis baisse ton feu. Rajoute alors ton vin blanc, tes piments, trois gousses d’ail épluchées et entières, ton romarin, le reste des baies de genièvre, quelques grains de gros sel (fais gaffe), puis couvre et laisse à feu très doux pendant quarante minutes.

Pendant ce temps, tu auras préparé une bonne braise. Plonge alors directement tes poivrons, en les recouvrant d’un peu de braise. Il te faudra environ vingt bonnes minutes pour qu’ils soient cuits à coeur.Tu les retireras et les éplucheras à chaud en les tenant par le torchon. Puis tu les détailleras et les mettras à tiédir dans un saladier avec deux bonnes cuillères d’huile, un peu d’ail haché, le jus d’un citron, sel et poivre. Couvre le saladier avec une assiette.

Reviens alors sur ta cocotte. Ajoute les grains de raisins, les tellines que tu auras épongées sur le torchon, tes amandes effilées, couvre, rectifie l’assaisonnement, éventuellement rajoute un demi-verre de blanc, et laisse encore mijoter à feu doux une dizaine de minutes.

Voilà : tu peux servir les oiseaux dans les assiettes (choisis-les larges et bien plates pour découper les oiseaux à l’aise) avec à côté ta salade de poivrons grillés. Régale-toi.

Accompagne ce plat des dieux d’un bon Rioja bien charpenté, ou à défaut un bon Chusclan millésimé, et d’un petit verre de marc vieux, que tes invités laperont doucement en dégustant l’oiseau.

Gatonegro

Autour du feu : recettes de brasero


En cette saison où le froid gagne peu à peu, où les longues journées de pluie rafraîchissent les vieux os, rien de tel qu’un repas simple pris entre amis autour d’un feu. Voici donc quelques recettes basiques, faciles à réaliser, qui vont te permettre de régaler tes invités sans te prendre la tête.

Au menu : Chorizos au feu, Paquets de vigne, Pan y tomat, Poires à la braise

Pour 6 personnes, il te faut 6 chorizos bien frais, un gros pain de campagne au levain, 1/2 kg de lentilles vertes, trois ou quatre tomates bien mûres, de type pendelote, des câpres, deux trois gousses d’ail, huile d’olive, sel et poivre, de la menthe fraîche, deux ou trois beaux citrons, 6 poires juteuses, du miel, de la canelle, une brassée de feuilles de vigne encore fraîches, même un peu rouges, c’est pas grave pourvu qu’elles soient souples (tu dois pouvoir en trouver encore), du papier alu, de la ficelle de cuisine.

Chorizos au feu : choisis 6 beaux chorizos artisanaux et surtout très frais. Ne les pique pas, et pose les directement sur la grille au-dessus des braises. A côté, pose 6 belles tranches de pain de campagne, que tu feras dorer une minute ou deux tourne-retourne. Quand tes chorizos commencent à siffler un peu, retire-les du feu, ouvre les d’une entaille tout du long, et chacun se tartinera le sien sur le pain chaud : un régal.

Paquets de vigne : c’est un des deux accompagnements du chrorizo grillé. Tu auras fait cuire auparavant un demi-paquet de lentilles vertes (40 minutes environ à ébullition). Goûte-les avant de les passer : elles doivent être bien molles, faciles à écraser. Dans un saladier, réduis-les en purée à la fourchette, avec deux cuillères d’huile, le jus de deux citrons, sale et poivre. Cisèle 5 ou 6 beaux brins de menthe fraîche et rajoute-les à ta préparation. Ajoute également une poignée de câpres. Mélange bien : ta purée doit former une pâte facile à travailler. Fais-en des pâtés ou des boulettes que tu roules dans une grande feuille de vigne, en ficelant. Pose tes paquets ainsi formés sur la grille un peu loin des braises et laisse cuire 5 minutes de chaque côté. Sers les paquets dans une assiette où chacun piochera, en dépiautant ce qui reste des feuilles de vigne.

Pan y tomat : C’est l’autre accompagnement. Dans un saladier, écrase la chair de tes tomates que tu auras pelées avec deux gousses d’ail haché finement, deux cuillères d’huile d’olive, des câpres et le jus d’un beau citron. Mélange, sâle et poivre. Il ne te reste plus qu’à tartiner et laisser imbiber 6 belles tranches de pain de ce mélange.

Poires à la braise : C’est le dessert. Tu te seras choisi 6 belles poires juteuses, que tu ouvres en deux, et dont tu ôtes le centre dur et les pépins en creusant avec une cuillère. Remplis les cavités de bon miel de châtaignier et saupoudre de cannelle. Referme-les et enveloppe-les dans de l’alu et plonge-les dans la braise en recouvrant. Elles devraient être prêtes au bout d’un petit quart d’heure. Sers-les telles quelles à tes invités.
Pour ce repas tout simple et convivial, tu choisiras en accompagnement un bon Sablet ou un Vacqueyras de bonne famille.

Gatonegro

samedi 16 octobre 2010

Jambon à la Sinti et sa flambée des sous-bois




Les Sinti sont des Tsiganes germanophones, dont les nazis se sont débarrassés comme l’on sait. Quelques-uns ont réussi à échapper aux raffles et ont alors migré en France, mais surtout dans le nord de l’Italie où ils ont reconstitué leurs communautés. En 2008, Berlusconi a organisé une gigantesque chasse aux Roms et en expulsé vers la France et la Grèce plus de 12 000, démantelant tous leurs camps. On le voit, la France n’a hélas pas le triste monopole de l’expulsion des Roms…

Voilà une recette typique d’automne qui utilise les ressources des sous-bois. Cette saison est idéale pour cueillir des tas de trucs délicieux qui squattent nos forêts. Malheureusement dans notre région épargnée par les pluies, il semble cette année que les champignons soient absents de nos sous-bois. Pas grave, tu essaieras de t’en procurer sur le marché. Cette recette marche très bien avec les cèpes, évidemment, mais les sanguins (les pinins dit-on ici) font merveille. Au pire tu peux même utiliser des champignons de Paris frais, c’est pas mal du tout aussi, quoique un peu sec : il faudra alors les mouiller avant de les cuire.

Choisis-toi d’abord de beaux talons d’un bon jambon cru un peu vieux. Ton boucher en a toujours dont il ne peut pas faire grand-chose, y couper de belles tranches étant impossible. Tu les auras donc à un bon prix, mais il vaut mieux te les faire mettre de côté une semaine avant. Pour 4 personnes, il te faut 4 culs de jambon, 1KG de champignons frais, 4 ou 5 pommes à cidre, sauvages et acides, deux trois gousses d’ail, quatre ou cinq beaux brins de romarin, une petite poignée de baies de genière, quelques piments. Huile d’olive, sel et poivre rouge en baies. Enfin, prévoie une bonne Grappa, ou si t’as pas, un marc de raisin du coin, genre Garlaban, suffira. En ustensiles, un bon faitout, une grille pour ton brasero, un torchon.

Commence par mettre tes talons de jambon au fond de ton faitout, avec deux bonnes cuillères d’huile, trois gousses d’ail épluché et fais revenir jusqu’à coloration. Pendant ce temps, épluche tes petites pommes, épépine-les et coupe les en petits quartiers. Une fois ton jambon bien coloré, sors le faitout du feu et arrose généreusement avec ta Grappa. Flambe. Puis remets ton faitout à feu moyen, rajoute tes pommes, ton romarin, deux ou trois piments, tes baies de genièvre, ton poivre rouge en grains. Quand tes pommes commencent à prendre la couleur, ajoute un petit verre d’eau, une toute pincée de sel (attention, le jambon est déjà très salé, si t’es pas sûr de toi, sale pas), couvre avec le torchon et laisse cuire 3/4 d’heure à feu doux.

Pendant ce temps, tu auras lavé tes champignons entiers, et préparé ton feu de bois. Lorsque la braise est bien faite, pose ta grille très près des braises et jette tes champignons entiers. Tu les retourneras au bout de cinq/six minutes environ. Lossqu’ils sont cuits, réserve dans un plat creux à couvert près du feu, après avoir coulé un peu d’huile d’olive, un filet de vinaigre fort, et salé et poivré. Le jus des champignons va alors suinter.
Retire ton faitout, et sers dans les assiettes les talons, accompagnés de leurs pommes et d’une poignée de champignons. Régale-toi.

En accompagnement, choisis un vin rouge léger, type Chianti, ou un Bourgogne fruité.

Gatonegro

lundi 11 octobre 2010

Lapin à la Flamenca et sa purée de potiron aux marrons


Pour cette recette puissante, pour six personnes, il te faut un beau lapin de garrigue, un bonne poignée de romarin frais, une de thym frais, 4 feuilles de laurier, une demie-tête d'ail, quelques piments rouges, des baies de genevrier, quelques câpres, un demi-pot d'anchois au sel, trois cuillères d'huile d'olive, du gros sel de mer, quelques grappilles de raisin noir à petits grains que tu auras glanées dans la vigne déjà vendangée, si c'est du muscat c'est mieux, un verre de vieux marc de raisin, deux bons verres de xéres, un verre de rouge tanique. Pour la purée, il te faudra une grosse tranche de potiron, un demi-kg de marrons frais (mais tu peux t'en procurer en boîte si t'as la flemme), du beurre frais, une cuillère d'huile d'olive, quelques petites olives noires (pour la déco), sel et poivre du moulin. Enfin, en ustensiles, tu prévoieras une cocotte en terre pour le lapin, une grosse casserole et un saladier en terre pour le potiron.

Débrouille-toi un lapin sauvage bien parfumé aux herbes, soit que tu l'auras attrapé toi-même dans la garrigue, soit qu'un ami chasseur te l'auras ramené tout exprès. Commence par l'éplucher, puis vide-le, en gardant bien sûr le foie et le coeur. Coupe ta bête entière en morceaux bien formés, en te méfiant des petits éclats d'os très durs, sectionne les pattes en deux, et garde bien la tête. Jette tout ça avec le foie et le coeur dans l'huile chaude au fond de ta cocotte, ne sale pas, rajoute la moitié de ton thym et 3 gousses d'ail entières et épluchées, puis fais colorer à feu vif, en remuant en peu. Une fois les morceaux bien colorés, presque grillés, sors ta cocotte du feu et verse un bon verre de marc de raisin. Fais flamber.

Remets ta cocotte à feu doux, et mouille abondamment au xéres. Ajoute tes câpres, tes baies de genièvre (une dizaine de grains), quatre ou cinq beaux piments rouges, tous tes filets d'anchois lavés et nettoyés, ton laurier, le reste du thym, le reste de tes gousses d'ail entières. Jette ton romarin sur le dessus. Couvre. Laisse mijoter à couvert sur feu très très doux pendant une petite heure.

Pendant ce temps, jette ton potiron pelé et détaillé en cubes dans une casserole d'eau bouillante. Laisse cuire au moins 40 minutes. Lorsque ton potiron est tendre à coeur, rajoute dans l'eau tes marrons (en boîte, ou si tu as eu le courage, que tu as fait sauter au feu auparavant et que tu as épluchés). Laisse encore dix minutes à feu moyen, sors le tout et passe-le. Dans un saladier, écrase à la fourchette avec le beurre frais, une cuillère d'huile, une pincée de sel et le poivre du moulin. Ajoute sur le dessus les olives noires pour faire joli. Réserve en couvrant.

Reviens sur ton lapin, goûte la sauce. S'il manque un peu de sel, mais ça m'étonnerait, rajoute quelques grains de gros sel de Camargue. La sauce à présent doit être assez compacte. Tu y ajouteras ton verre de vin rouge et ton raisin frais  (une vingtaine de grains). Laisse mijoter encore 10 minutes.

Voilà, tu peux servir. Le lapin ainsi préparé Flamenca est très fort, très puissant, mais les grains de raisin frais contrasteront agréablement la préparation. A côté, ta purée douce de potiron et de marrons viendra t'adoucir le palais. En plus, ces tons d'automne du lapin très noir au côté de sa purée couleur de sous-bois flatteront l'oeil, en cette saison où les nourritures charpentées et roboratives sont bienvenues...

Sers avec un bon rouge corsé, de type Sangre del toro, ou n'importe quel Rioja, pourvu qu'il soit âgé et fort.

Gatonegro

jeudi 7 octobre 2010

Poulet de la mer

(Fenouil sauvage)

Pour cette recette en trompe-l'oeil, ou plutôt en trompe-goût, tu te choisiras un beau poulet fermier, un de ceux qui gambadent dans la campagne, que tu éplucheras et dont tu couperas les bouts. En ustensiles, prévoie une grande cocotte ou un gros faitout, de type de celui que tu utilises pour tes ragoûts et un bon couteau à détailler. Tu te procureras également, pour 5/6 personnes : un beau citron, une poignée de fenouil sec, quelques grains d'anis étoilé, du safran (en filaments c'est mieux mais plus cher), une demie-tête d'ail, quatre ou cinq piments rouges, une bouteille de vin blanc sec type étang de Thau, ou un Vionnier un peu vert, un bouchon d'anis (ou pastis si t'as rien d'autre), trois ou quatre cuillères de bonne huile d'olive, du gros sel de mer, du poivre du moulin, une petite poignée de romarin frais, deux trois feuilles de laurier. Pour les patates, choisis 1kg et demi de rates, c'est mieux, sinon n"importe quelle pomme de terre à la chair ferme qui tiendra la cuisson. Enfin, c'est pas indispensable mais plus joli, procure-toi une belle poignée de coquilles, coques ou palourdes, pour bien finir le plat. Tu peux même rajouter quatre ou cinq favouilles, ces petits crabes que tu pêches en bord de mer.

Ce Poulet de la mer est un truc rigolo, qui va surprendre tes invités : sa chair blanche et neutre de volaille est préparée comme un poisson ferme, type baudroie et le résultat est un véritable plat marin aux saveurs iodées de grand large. Le safran, le fenouil, le vin blanc et le citron y sont pour beaucoup dans cette illusion de mer. Si de surcroît tu as rajouté les coques et les favouilles, c'est alors un véritable ragoût marinier que tu offriras à tes invités. Mais sache que les bêtes de la mer ne sont pas nécessaires : ça marche très bien sans elles.

Commence par couper ton poulet en ne conservant que la chair que tu tronçonnes en gros morceaux cubiques. Sectionne également tes cuisses en morceaux, en gardant l'os. Idem pour les ailes. Jette tes morceaux dans l'huile chaude avec l'ail en gros dés, le gros sel, et poivre au moulin. Dès que la couleur prend, mouille avec un bouchon d'alcool anisé, en dehors du feu. Toujours hors du feu, rajoute ton citron détaillé en fines rondelles, tes piments, ton anis étoilé et mouille d'un quart de vin blanc. Remets sur le feu vif et pose ton romarin et la moitié de ton fenouil. Rajoute par dessus tes patates épluchées et coupées en gros quartiers, comme pour la bouillabaisse (si ce sont des rates, mets-les entières après les avoir grattées). Rajoute le safran entre les patates, le laurier, puis poivre et sale encore. Finis par recouvrir à affleurement avec le vin blanc et un peu d'eau si il n'y a pas assez de liquide. Jette tes coquilles et/ou tes petits crabes par dessus ainsi que le reste de ton fenouil, couvre et fais monter à ébullition. Une fois à ébullition, baisse et laisse cuire à feu moyen-fort jusqu'à ce que les patates soient fondantes à coeur (compte vingt bonnes minutes, mais vérifie en plongeant ton couteau dans leur chair). Voilà, c'est prêt, tu peux servir dans les assiettes creuses.

Pour accompagner ce ragoût de mer, un blanc de Cassis serait fabuleux, mais si tu n'as pas, choisis un blanc pas trop sec, sans acidité, et qui a du corps.